Chaque versement sur un PER est déductible de votre revenu imposable, dans un plafond. Plus votre tranche marginale est élevée, plus l'État finance une part importante de votre effort d'épargne — en contrepartie d'une épargne bloquée jusqu'à la retraite et imposée à la sortie. Un outil puissant, à condition de ne pas confondre différé et économie.
Le versement vient en déduction de votre revenu imposable. L'économie d'impôt de l'année dépend donc de votre tranche marginale d'imposition — et du plafond de déduction dont vous disposez.
Pour un salarié ou un dirigeant assimilé : jusqu'à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, dans la limite de 10 % de huit plafonds de la Sécurité sociale. Pour un indépendant en cadre Madelin : 10 % du bénéfice plus 15 % de la fraction comprise entre un et huit plafonds — soit un plafond pouvant approcher 89 000 € en 2026. Les plafonds non utilisés sont récupérables pendant cinq ans (plafonds 2026 et suivants ; trois ans pour ceux de 2024 et 2025), et mutualisables entre conjoints. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles.
L'épargne est investie en gestion pilotée à horizon par défaut : dynamique loin de la retraite, sécurisée progressivement à l'approche de l'échéance. Vous pouvez aussi opter pour une gestion libre. Les gains capitalisent sans fiscalité pendant toute la phase d'épargne.
À la retraite, vous décidez : capital en une ou plusieurs fois, rente viagère pour un revenu garanti à vie, ou un mélange des deux. Un PER peut aussi être débloqué par anticipation pour l'achat de la résidence principale, sur les versements volontaires.
Le PER assurantiel comporte une clause bénéficiaire : en cas de décès, le capital est transmis aux personnes désignées, dans un régime fiscal proche de celui de l'assurance-vie, apprécié selon l'âge au décès. Des garanties complémentaires (plancher, bonne fin) peuvent être ajoutées.
Un contrat de long terme, à lire dans les deux sens : l'avantage à l'entrée a une contrepartie à la sortie. Les éléments ci-dessous relèvent de la législation en vigueur et peuvent évoluer.
| Étape | Versements déduits à l'entrée | Versements non déduits (sur option) |
|---|---|---|
| À l'entrée | Déduction du revenu imposable dans le plafond disponible (plafond de l'année + reliquats non utilisés, reportables cinq ans pour les plafonds 2026 et suivants). Plus de déduction pour les versements effectués à partir de 70 ans | Aucune déduction — utile lorsque le plafond est épuisé ou que la tranche est faible |
| Pendant | Capitalisation sans imposition des gains | Capitalisation sans imposition des gains |
| Sortie en capital | Part des versements : barème de l'impôt sur le revenu, sans l'abattement de 10 % · Part des gains : prélèvement forfaitaire de 31,4 % | Part des versements : exonérée · Part des gains : prélèvement forfaitaire de 31,4 % |
| Sortie en rente | Imposée comme une pension de retraite (abattement de 10 %), prélèvements sociaux sur une fraction | Régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction, dégressive avec l'âge, est imposée |
| Déblocage anticipé | Invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants · décès du conjoint ou partenaire · surendettement · expiration des droits au chômage · cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire · acquisition de la résidence principale (hors versements obligatoires) | |
Le prélèvement forfaitaire de 31,4 % sur les gains correspond à 12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux (taux applicable aux gains perçus depuis le 1er janvier 2026, loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026), sauf option pour le barème progressif. Les cas de déblocage anticipé pour accident de la vie bénéficient d'un régime fiscal allégé.
Le PER individuel remplace l'ancien contrat Madelin retraite et le PERP. Pour un travailleur non salarié, il ouvre le plafond majoré de déduction sur le bénéfice ; pour un salarié ou un dirigeant assimilé, le plafond de droit commun.
Le PER d'entreprise collectif (ex-PERCO) et le PER obligatoire (ex-article 83) permettent à la société de financer la retraite de ses dirigeants et salariés dans un cadre social et fiscal avantageux — abondement, versements obligatoires, intéressement et participation.
L'impôt économisé aujourd'hui sera en partie repris à la sortie. Le PER est d'autant plus intéressant que votre tranche à la retraite sera inférieure à votre tranche actuelle — ce qui est fréquent, mais pas systématique.
Hors les cas prévus par la loi, les sommes sont indisponibles jusqu'au départ à la retraite. Le PER n'est pas une épargne de précaution : il vient après la constitution d'une réserve disponible, souvent en assurance-vie.
Les unités de compte ne sont pas garanties. La gestion à horizon réduit l'exposition à l'approche de la retraite, mais ne supprime pas le risque. Les frais du contrat et des supports sont présentés intégralement avant souscription.
Des repères généraux, à confirmer au regard de votre situation personnelle et des conditions contractuelles en vigueur.
Pour un salarié, il figure sur la dernière page de l'avis d'imposition (« plafond épargne retraite »), avec les reliquats non utilisés (reportables trois ans pour 2024-2025, cinq ans pour les plafonds 2026 et suivants). Pour un indépendant, ce montant pré-rempli ne reflète pas nécessairement le plafond Madelin calculé sur le bénéfice : il faut le recalculer à partir de la liasse fiscale.
Uniquement dans les cas prévus par la loi : invalidité, décès du conjoint ou partenaire, surendettement, fin de droits au chômage, liquidation judiciaire, ou acquisition de la résidence principale pour les versements volontaires. En dehors de ces cas, l'épargne est indisponible jusqu'à l'âge légal de la retraite ou la liquidation de votre pension.
Le capital offre la liberté et peut être fractionné sur plusieurs années pour lisser l'imposition ; la rente garantit un revenu à vie mais le capital est aliéné. Le choix se fait au moment du départ à la retraite, selon vos autres revenus, votre patrimoine et votre situation familiale — il n'a pas à être fixé aujourd'hui.
Pour un PER assurantiel, le capital est versé aux bénéficiaires désignés. Avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € ; après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique et le surplus suit les droits de succession. Le conjoint ou partenaire de PACS est exonéré. À noter : c'est l'âge au décès qui compte, non l'âge au versement, et après 70 ans l'assiette comprend les versements et les gains, contrairement à l'assurance-vie.
Pas nécessairement. Le montant pertinent dépend de votre tranche marginale, de la part de vos revenus qui y est soumise, de votre besoin de liquidité et de vos autres projets. Une déduction qui fait descendre le revenu dans une tranche inférieure perd une partie de son efficacité. Le bilan calcule le montant, en une quinzaine de minutes.
Les deux répondent à des besoins différents : disponibilité et transmission pour l'assurance-vie, déduction immédiate et retraite pour le PER. Ils se complètent plus qu'ils ne s'opposent. Voir la page Assurance-vie.
Plafond disponible, montant pertinent, choix du contrat, transfert des anciens dispositifs : une analyse chiffrée de votre situation, sans engagement.
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